12 février 2010

J'adore ! (Et ça n'est pas de moi)

Quand je coupe le moteur , le thermo de la Laguna affiche ses 55° au compteur. Ca doit faire à l'aise du 28 degrés à l'ombre, ça. Une heure ! Une heure qu'on a tourné comme des mouches dans cette putain de principauté monégasque rien que pour trouver une place. Un caprice d'Agnès, encore. "Allez, on va à Monaco, parait que c'est trop beau, le rocher, les immeubles, la plage !"


En descendant vers la mer, nos tongs fondent à moitié sur le bitume tellement le soleil cogne sans distinction. C'est trop ! Sur la plage, on voit même pas le sable tellement il y a de serviettes avec des corps luisants de toutes les formes couchés dessus, des parasols bigarrés qui font au loin comme des boutons sur une peau pas saine. Je regarde Agnès avec mon air de coker. "Allez c'est pas grave, on est seuls au monde puisqu'on s'aime, tous les deux !". Je m'accroche à cette idée de toutes mes forces en marchant comme un funambule entre les serviettes, au milieu des râleries de ceux qui étaient là avant... Plus de place ! C'est complet ! Comme le métro aux bonnes heures, quoi.

On finit par trouver un lopin de sable ridicule où on s'échoue, pauvres naufragés à bout de force. Je m'étale sur ma serviette chichement déployée et ma tête va se coller aux pieds d'un gros allemand écrevisse juste derrière moi. Je jette un oeil à Agnès, elle ferme un peu les yeux, le soleil est si haut. Elle est drôlement appétissante avec son petit maillot de bain acheté en solde chez Etam. J'oublie toutes les paires d'yeux qui doivent nous mater à ce moment précis et je caresse ses jambes... On dirait que mes mains brûlent sa peau, ça fait bizarre... Je dis : "Agnès, Agnès..." mais elle me coupe en posant son index sur ma bouche puis elle me sort "Ne dis rien, embrasse-moi quand tu voudras, je suis bien, l'amour est à côté de toi". Je sais pas trop ce qu'elle veut dire par là, mais elle a raison sur un point : on est bien. Si seulement le teuton juste derrière pouvait arrêter de prendre mon crâne pour un paillasson, ça serait parfait. Tranquille, je m'allume un clope et souffle la fumée vers l'azur. Ca râle tout autour : empoisonneur, pollueur, y'a des enfants ici ! Ils commencent à me gonfler tous autant qu'ils sont ! J'écrase mon mégot dans le sable bouillant et sans transition j'embrasse Agnès à pleine bouche. "C'est dingue, je lui dis, tes lèvres ont le goût d'un fruit sauvage, parole !"

- Et toi t'embrasses comme un cendrier froid !

J'apprécie pas trop la comparaison, vengeance ! Et je lui grimpe dessus, en tout bien tout honneur, juste histoire de taquiner un peu.

- Oh oh ! On dirait que l'amour est au-dessus de moi !

Je comprends enfin cette histoire d'amour à côté puis maintenant au dessus ! Tout ça m'excite drôlement, faut bien avouer ! J'accentue le frotti-frotta, je fourre mon nez dans ses cheveux blonds qui font comme une vague qui m'emporte déjà. Le mercure continue de grimper et on commence à vraiment bien s'amuser quand une main s'abat sur mon épaule. Je me retourne : deux types en costume de flics monégasques, ray-ban sur le nez me pointent leur index sur le crâne : "Vous vous croyez où ?". L'autre attend même pas la réponse, de sa poche arrière de pantalon il sort une souche de pv de , un crayon qu'il humecte d'un coup de langue salace : "Nom, prénom, profession...".

L'amour est au-dessus de moi...

10 février 2010

Singulier Pluriel

Je t’avais dis que l’amour est un concept qui est basé sur le besoin
Tu m’avais dis que tu ne savais plus et qu’avec moi, c’est l’ennuie.
Il m’avait dis quand dans un couple l’amour est mort, c’est la fin.
C’est fini.

Je,
Tu,
Il.

Je,
Tu,
Il.

J’ai été comme toi à l’école autrefois.
Mais comme je n’étais pas dans les rangs,
Comme toi, je tenais la main au néant.
Au singulier, à l’imparfait.

Mais même en séchant les heures, les heures de colles,
Je me rappelle qu’il y a une suite à Je, Tu, Il.

Je,
Tu,
Il…
Nous,
Vous,
Elles !

Aujourd’hui j’ai dépassé le Je, Tu, Il, j’ai dépassé la maternelle
Et c’est eux que je veux laisser parler, les Nous, Vous, Elles

Nous sommes encore ensemble et l’amour est là.
Vous pourrez me dire qu’il est concept, et alors ?
Elles n’en sont pas moins belles tes pupilles, tes fesses et tes dents
Que je vois maintenant !

Et tout les Je, tout les Tu et tout les Il
N’auraient (a-i-e-n-t) jamais su qu’ils puissent être Jeux et Iles
Si nous n’étions pas passé à présent au pluriel
L’exemple d’une bouche : c’est toujours mieux quand c’est deux lèvres

Alors,
Les Je, et Tu, ben qu’il les colle
Ca f’ra un « nous » avec lequel
Notre fils ira à son tour à l’école.

Vous êtes d’accord Mademoiselle ?
Mademoiselle, avec deux Elles !